
Pas mal de kilometres parcourus depuis Nador, ses garagistes et ses tapas...
Nous sommes passés par Oujda, a la frontiere algerienne (fermée par voie terrestre). On a traverse les grandes plaines fertiles de l'est du rif, ou les moissoneuses batteuses (je pense que c'est les dernieres que nous verrons) moissonnaient et battaient le ble bien jaune.
Puis, frontiere algerienne oblige, on a oblique vers le sud en longeant la dite frontiere par une petite route qui s'est rapidement enfoncée vers une zone completement desertique.
Barbara a fait ses premiers kilometres de goudron et un peu de piste a bord de la nouvelle merco, rehaussée. On a doublé quelques 504 juste pour le plaisir et on s'est arreté a la nuit tombée dans la petite ville de Bouarfa.
Grosse chaleur deja dans notre immense chambre (4 lits). Le receptionniste (licensié en geologie et reconverti aux petits boulots comme beaucoup d'intellectuels ici) nous explique que sa mere algerienne doit pour se rendre chez sa famille à 100 kms de Bouarfa a vol d'oiseau, prendre un bus jusqu'a Casablanca (au moins 12 h) puis l'avion vers Alger et a nouveau le bus... Idem pour le retour.
Toutes ces tensions causees par le petit bout de desert que nous allons bientot traverser : le sahara occidental (ex sahara espagnol et appelé ici Sahara Marocain). Encore les espagnols qui ont foutus le bordel...
Pas mal de controles de police dans cette zone frontaliere. Ils nous arretent avec un sourire vicieux, pensant arreter un grand taxi (meme modele, meme couleur !) et apercevant Khadidja (nouveau surnom de Barbara) et sa tete de Berbere.
Les salutations de base (la famille, la santé et medor) passées, ils s'apercoivent vite de la tromperie : ce sont des touristes pas rentables (pas de bakchich). On parle du dernier match Barca-Real de Madrid et bonjour a votre dame c'est reparti.
Pendant 200 kms, on a du croisé 2 voitures...
Les montagnes a notre gauche sont en Algerie. Tous les Oueds que nous traversons sont completement secs et on se demande s'ils on dejà vu passer de l'eau et a ce moment là nous arrive dessus un bon orage. Depuis ce jour nous avons de la pluie tous les jours et les Marocains a qui nous expliquons que c'est du a la fumée de la mercedes nous remercient (ce sont les plus fortes depuis un an a Ouarzazate).
Une petite nuit au pied des dunes vraiment tres belles de Merzouga (sud d'Errachidia) sous la pluie, et on dormait sur une terrasse, puis on file dans les gorges du Todgha.
Barbara rencontre 2 copines à Tineghir, ce qui me vaudra de passer une apres-midi au souk à chercher une djelaba pour une 3eme un peu forte.
Resultat : 15 boutiques et impossible de trouver sa taille et mezigue qui suit la troupe.
Le soir heureusement je peux me defouler avec mes nouveaux copains berberes dans le night club berbere (prononcer naite cluub). Derriere la station service de Tineghir, la seule boite (?) à 100 kms a la ronde, c'est ce qui manquait a mon tour d'horizon de la culture berbere.
On s'en sort assez tard avec un peu mal aux cheveux. Mes copains berberes, galants, poussent meme jusqu'a raccompagner leurs jeunes amies berberes rencontrées qq heures plus tot jusqu'a l'hotel du coin pour un massage du meme nom mais qui ne se concretisera pas...
Nous repartons ensuite vers les tres belles gorges du Dades apres avoir dit au revoir a tout le monde.
Les 2 copines de Barbara qu'on devait emmener faire un peu de tourisme avec nous pour l'apres midi n'auront finalement pas l'autorisation des parents (22 et 25 ans...) chez qui on dejeune.
Le soir, nous arrivons a cote de Ouarzazate ou nous retrouvons Ali, l'instituteur, a qui nous remettons les 4 cartons de materiel scolaire transportés pendant 3 semaines depuis Perpignan pour AZZEKA.
Il nous accueille chez lui avec son frere Mohammed.
Ce sont 2 intellectuels qui vivent a l'ecart de la ville.
Mohammed, qui vient de terminer un petit role dans un film avec Brad Pit (Ouarzazate est la ville du cinema au Maroc), s'occupe (tres bien) du grand jardin-potager pour "se defouler" et ecrit des poesies qu'il va faire editer inch'Allah via le centre culturel francais d'Agadir. Cet ancien Marxiste-Leniniste revolté ne decolere pas contre la corruption et les nantis qui volent son pays. Ils nous parlent du "NON" francais, dont ils sont tres fiers tout en nous cuisinant sur la braise un petit tajine de lapin avec les legumes du jardin.
Nous les saluons et remercions depuis ces pages.
Le lendemain, on visite avec notre ami poete la palmeraie, et on se fait refouler d'une Kasbah transformée en hotel hyper chic par un francais (8000 euros la semaine).
On rencontre autour d'un cafe le prof de français du college, Med, qui nous emmene dans le local de son association qui donne des cours de soutien scolaire, lutte contre la "depalmierisation" et permet aux enfant de s'exprimer dans un cadre associatif laique.
Tres marrant, on finit chez lui, sa femme et ses 3 filles pour un petit couscous sur le pouce.
Finalement, on passe aussi la nuit chez eux et bien nous en prend car les orages eclatent à nouveau.
Merci aussi à la famille Abouissaba.
On rencontre finalement d'autres acteurs de la vie intelectuelle et aristique de cette petite ville : le delegué d'ATTAC de la province, un jeune peintre aussi revolté.
Les discussions sont interessantes, ils connaissent la vie politiques francaise mieux que nous, et nous decrivent leur pays tel qu'ils le voient, avec un roi qui essaie de moderniser, des partis qui ne se renouvellent pas, et surtout une elite qui se remplit les poches...
On repart vers Ouarzazate avec 2 institutrices bloquees la veille par les orages qui ont gonfle les oueds et rendu la route tres dangereuse.
C'est une grosse etape puisqu'on doit rejoindre Tiznit au sud d'Agadir puis Mirleft.
A la sortie d'un Douar, on prend un francais en stop.
Il s'appelle Arthur et baroude depuis 6 mois a pied entre maroc, Mauritanie et Senegal.
Un bon gars du beaujolais, fils de viticulteurs et diplomé de l'INSA au chomage...
Il est donc parti, avec un coran sous le bras, a la rencontre de ces 3 pays.
L'hospitalité des marocains, des mauritaniens et des senegalais lui reussi pas mal puiqu'il ne dort pratiquement que chez l'habitant, se deplace a pied ou en stop.
On l' emmene finalement avec nous jusqu'a Mirleft.
C'est l'heure je dois deconnecter. Pas de photos pour l'instant car les ordis sont un peu vieux.
A bientot (demain inch'Allah)
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