
Hello,
Tout en me faisant dévorer les mollets par les moustiques maliens dans un cyber café de Boulkassoumbougou à Bamako, je vous annonce avec fierté (mes chevilles enflées attirent d'autant plus les stiquemous) que la mission « traversée du Sahara dans Mercedes avec bières fraîches » s'est déroulée sans accros, mis a part les qq. ensablements avant que j'acquiers la technique qui fait maintenant ma renommée chez les touaregs du Sahara.
Fini donc la piste, le sable, les villages ravitaillés par les corbeaux, l'eau saumâtre du puits et la pénurie de bistrots.
Bienvenue a Bamako avec son casino (corse), ses dépôts de boissons (maliens), ses bordels (chinois) et ses boites de nuits, pâtisseries, supermarchés et j'en passe (libanais).
Il était quand temps que l'on arrive car la piste entre la Mauritanie et le Mali n'est plus praticable pour longtemps avec les pluies qui commencent : 4h30 pour faire 104 kms entre Nioro du Sahel et Diema puis 3h00 de grosse tôle ondulée à tout dévisser jusqu'à Didieni. En tout 12h pour rejoindre Bamako depuis Nioro.
Quant à nous on loge chez Ahmed Ladjin, un Touareg algérien que l'on connaît et apprécie depuis notre voyage a Tamanrasset et Gao en 2001. On peut dire que nous sommes chez une sommité du Sahara qui l'a traversé de fond en comble depuis 30 ans a dos de chameaux, puis de vieux land Rover et maintenant avec son Toyota turbo et avec les stars du monde entier.
Premier a ouvrir un campement a Tamanghasset, éclaireur du Paris Dakar, et maintenant à la tête de ALO "Ahmed Ladjine Organisation" (www.alotourisme.com).
Ambiance bien algérienne avec Brahim, touareg algérien ex-rebel reconverti dans les affaires (entrepreneur a la recherche d'un partenaire français), Rachid, ex-militaire chaoui (du Nord), Abdel wahab et les autres.
C'est la communauté algérienne du Nord Mali qui se retrouve chez Ahmed et c'est aussi eux qui ont animé l'anniversaire de Barbara hier.
Je suis parti acheté pour 30 le mouton qui s'est rapidement transformé en morceaux de viande emballés dans du papier alu et glissé dans du sable et sous la braise (tout ça au centre ville de Bamako). Le résultat (prêt à 2h00 du mat) était vraiment pas mal.
Brahim avait mis son boubou touareg et trouvé une K7 de Tinariwen (groupe touareg) et après qq. thés nous a animé la soirée avec ses histoires.
Avis aux amatrices, il veut visiter la France (lui envoyer un certificat d'hébergement via mon « emmanuel » , email en touareg) et en échange il vous fera découvrir sa ville Kidal et plus si affinités.
Les touaregs ne sont malheureusement plus ce qu'ils étaient, surtout depuis la fin de la rébellion (en 95) : téléphone portables, turayas (téléphones satellites pour communiquer dans le désert), chameaux troqués contre les boubouls (Toyota land cruisers VX injection qui montent à 200 pour transporter les malboros depuis le Nigeria vers l'Europe) kalachnikovs (prononcer klach), et bien sur en bons nomades une femme dans chaque port (oasis).
Mais bon avec le chech sur la tête c'est vrai qu'ils sont pas mal (dixit Barbara).
Pendant ce temps on attend nos visas pour Burkina, Togo, Niger, Bénin et on réfléchit sur les conseils d'Ahmed à une boucle Bamako-Ouagadougou-Accra (Ghana)- Lomé (Togo) ; Cotonou (Bénin) ; Niamey (Niger) ; Gao (Mali, vente éventuelle de la voiture) puis pinasse (bateau quoi) sur le fleuve Niger jusqu'à Bamako again via la mythique Tombouctou.
Ce We (demain) on devrait partir au calme du coté de Koulikoro avec un petit couple d'amis maliens sur les bords du grand fleuve Niger.
Sur ce, bon début d'été, bon courage aux travailleurs et bonnes vacances aux autres. Ceux qui veulent venir faire un bout de route sont toujours les bienvenus.
A plus,
Matthieu
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